Synthèse hebdomadaire

République démocratique du Congo : une semaine marquée par la lutte contre l'Ebola et les tensions politiques

Congo· Semaine du 28/09/2026 au 05/10/2026

La République démocratique du Congo a connu une semaine marquée par la poursuite de la lutte contre l'épidémie d'Ebola, des tensions politiques et des efforts de développement économique. Le président Félix Tshisekedi a exprimé son regret pour les affrontements avec le Congo-Brazzaville, tandis que le pays a entamé son premier recensement de la population depuis 1984. Les combats se poursuivent dans l'est du pays, malgré les processus de paix.

Actualité générale

Cette semaine, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’est rendu à Brazzaville, un mois après les affrontements entre militaires congolais et congolais‑brazzavillains sur le fleuve Congo, exprimant son regret et promettant d’indemniser les victimes. À Butembo, le pays poursuit ses efforts de lutte contre l’Ebola en déployant des laboratoires mobiles, tandis que la mort de Marie‑Célestin Karondwa a ravivé les tensions autour de la maladie. Au niveau législatif, un député de la majorité Pacquis a introduit une proposition de loi visant à encadrer l’interruption médicale de grossesse, sans toutefois légaliser l’avortement, afin d’harmoniser la législation congolaise avec le protocole de Maputo. Le premier recensement de la population depuis 1984 a débuté, mobilisant des milliers d’agents cartographes et un budget d’environ 200 millions de dollars. Enfin, un naufrage d’une embarcation motorisée sur le lac Kivu a fait au moins douze morts, avec plusieurs disparus encore recherchés.

Santé

Cette semaine, le ministre français des Affaires étrangères s’est rendu dans la province d’Ituri, épicentre de la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, pour réaffirmer le soutien de Paris et demander un renforcement de l’aide. L’épidémie compte désormais 8 300 cas confirmés, 4 018 décès et un taux de létalité de 48,4 %, tandis que 961 enfants, dont deux tiers âgés de moins de cinq ans, sont morts du virus. Le ministère de la Santé affirme que le pic est passé, mais les décès quotidiens restent élevés, d’où le lancement d’un essai clinique visant à prévenir l’infection chez plus de 250 exposés. Des laboratoires mobiles ont été déployés dans l’est pour accélérer le dépistage, alors que les soignants font face à la méfiance et aux attaques contre les structures sanitaires. Parallèlement, les autorités mobilisent les communautés religieuses pour lutter contre les rumeurs et la stigmatisation.

Diplomatie

Le chef de la diplomatie française, Jean‑Noël Barrot, s’est rendu à Bunia, épicentre de l’épidémie d’Ebola. Les combats persistent dans l’est de la République démocratique du Congo malgré les processus de paix, et Kinshasa et Kigali se reprochent mutuellement de ne pas respecter leurs engagements. Un rapport de l’ONU indique que 4 114 violations graves contre des enfants ont été vérifiées en RDC en 2025, plaçant le pays juste après Israël et le territoire palestinien occupé. Au site de déplacés de Kigonze, à Bunia, des militaires ont pénétré à la recherche d’armes, provoquant des tirs et un incendie quelques jours plus tard. De nombreuses familles ont fui, l’accès humanitaire reste difficile et le site fait également l’objet d’une réponse contre l’Ebola.

Sécurité

Cette semaine, les autorités de la République démocratique du Congo ont indiqué que le parc national de Kahuzi‑Biega, situé dans le Sud‑Kivu, a repris ses missions de surveillance après deux ans d’absence liée à l’insécurité. Au cours du premier trimestre 2026, environ 100 hectares de forêt ont été déboisés, ce qui alarme les responsables de la biosurveillance du parc. Parallèlement, les combats se poursuivent dans l’est du pays entre les forces armées congolaises et le groupe politico‑militaire AFC/M23, soutenu par le Rwanda, alors que l’accord de paix signé à Washington n’a pas encore mis fin aux hostilités. Sur les réseaux sociaux, une bataille informationnelle se joue, avec la diffusion fréquente d’images mensongères.

Culture & sport

Cette semaine, la qualification pour la CAN 2027 a continué de se jouer en Afrique centrale. Le Congo a programmé un affrontement contre le Cameroun mardi 29 septembre à Brazzaville, marquant la deuxième journée de la phase éliminatoire. Le lendemain, la République démocratique du Congo a remporté son deuxième match consécutif en battant le Zimbabwe 2 à 1 sur son terrain. Pendant ce temps, le Burkina Faso, qui avait perdu lors de la première journée, a repris le dessus en triomphant 1 à 0 de la Centrafrique.

Justice

Le 1er octobre, Amnesty International a lancé en République démocratique du Congo une campagne intitulée « Six millions de voix pour la justice au Congo ». L’initiative vise à sensibiliser le public et à mobiliser les responsables politiques, les diplomates et les représentants de l’ONU. Elle encourage la signature d’une pétition afin de pousser à la mise en place de mécanismes judiciaires. L’objectif est de juger les exactions perpétrées ces trente dernières années, principalement dans l’est du pays.

Économie

Cette semaine, plusieurs médias ont annoncé la construction imminente d’un pont de 645 mètres reliant la République centrafricaine à la République démocratique du Congo. Le projet, financé par la Banque mondiale à hauteur de 60 millions de dollars, vise à améliorer les échanges entre les deux pays. Les autorités concernées soulignent que l’ouvrage facilitera le transport de marchandises et de personnes le long de la frontière. La réalisation de ce pont est attendue dans les prochains mois, selon les informations disponibles.

Environnement

Cette semaine, l’attention se porte sur la protection des bonobos, primates endémiques de la République démocratique du Congo, qui sont menacés par la déforestation, les conflits armés et la chasse illégale. L’association « les amis des bonobos du Congo », dirigée par Fanny Minesi, œuvre à préserver ces animaux et leur forêt primaire en partenariat avec les communautés locales. Les bonobos, reconnus dès le début du XXᵉ siècle, jouent un rôle écologique important en agissant comme jardiniers de la forêt congolienne. En 2023, Fanny Minesi a été honorée du Tusk Award for Conservation in Africa pour son engagement exemplaire en faveur de la conservation.

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