Synthèse hebdomadaire

Cameroun : une semaine marquée par la violence, les manifestations et les défis économiques

Cameroun· Semaine du 14/09/2026 au 21/09/2026

La semaine dernière, le Cameroun a été secoué par une série d'incidents violents, dont une attaque meurtrière dans l'Extrême-Nord et des féminicides, ainsi que des manifestations contre la multiplication des féminicides et les pénuries de gaz domestique. Le pays fait également face à des défis économiques, avec des files d'attente pour le gaz et des difficultés pour les contractuels de la fonction publique.

Actualité générale

En cette semaine, un rassemblement massif à Yaoundé, organisé par la Jeunesse émergente et républicaine, a protesté contre la multiplication des féminicides, les autorités comptant déjà une soixantaine de cas depuis le début de l’année. Dans la même veine de mobilisation, le cycliste congolais Miguel Masaisai, porteur du projet « Pédaler pour la paix » visant à parcourir la distance entre Goma et Rabat, a perdu la vie dans un accident de voiture alors qu’il franchissait la frontière entre la République du Congo et le Cameroun. Au Cameroun, les files d’attente pour le gaz domestique se sont allongées dans les grandes villes, les autorités citant la hausse de la demande, l’arrêt de la production à Bipaga près de Kribi et la faillite d’un opérateur du secteur comme causes principales. La violence a également touché Bamenda, où une fusillade a fait trois morts et quatre blessés, et Édéa, où une domestique a été tuée par cinq chiens appartenant à son employeur. Par ailleurs, le ministère des Finances a sollicité 215 agents pour justifier des rappels de salaires, l’audit 2023 d’Eneo a été confié à un groupement béninois, et les dossiers de Fouda‑Mbapou ainsi que de Martinez Zogo poursuivent leurs procédures judiciaires.

Économie

Cette semaine, les services de renseignement camerounais, censés protéger l’État, ont été signalés comme intervenant régulièrement pour des intérêts privés contre rémunération. Parallèlement, la BEAC a tenté de débloquer les nouveaux programmes économiques du Cameroun, du Congo et du Gabon, comme rapporté par les institutions financières régionales. Au même moment, d’anciens contractuels de la fonction publique ont organisé des manifestations à Yaoundé pour réclamer 60 mois d’impayés auprès du Programme d’intégration et d’appui du secteur informel (PIAASI). Le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a continué à exercer son rôle au sein du RDPC, tout en restant éloigné des intrigues politiques courantes. Enfin, le recensement général de la population et de l’habitat, ainsi que celui de l’agriculture et de l’élevage, a été achevé le 15 septembre 2026 après trois prolongations, malgré des refus de participation dans les grandes villes.

Sécurité

Cette semaine, la violence a continué de se manifester dans plusieurs régions du Cameroun. Une attaque dans l’Extrême‑Nord a fait 15 morts et trois blessés, la plus meurtrière enregistrée ces dernières années, sans revendication officielle à ce jour. Dans le Nord‑Ouest, une incursion de séparatistes à Bamenda a entraîné trois décès et a perturbé les activités économiques locales. Parallèlement, le pays fait face à une recrudescence de féminicides, avec huit cas survenus en huit jours et une soixantaine recensées depuis le début de l’année, malgré la mise en place de lignes d’alerte en juin. Enfin, la présence persistante de Boko Haram continue de nuire au tourisme à Maroua, où les sites naturels attirés par les visiteurs sont de moins en moins fréquentés.

Élections

Cette semaine, les résultats de la présidentielle de 2025 au Cameroun ont été publiés par le Conseil constitutionnel, et les géographes du centre bordelais LAM ont diffusé quatre cartes illustrant ces résultats. Parallèlement, les partis politiques camerounais ont entamé des réunions stratégiques pour préparer d'éventuelles élections législatives et municipales prévues début 2027, en définissant les mécanismes de sélection des candidats et en négociant des alliances. Cependant, l'organisation effective de ces élections reste incertaine, car les mandats des députés et conseillers municipaux élus en 2020 pourraient être prorogés. Enfin, la société de notation S&P a signalé qu'elle surveille de près la succession présidentielle, indiquant une attention accrue sur la stabilité politique du pays.

Société

Cette semaine, le Cameroun a fait face à une série de condamnations judiciaires internationales qui ont entraîné des coûts d’indemnisation dépassant les 400 milliards de FCFA. Selon les comptes publiés par la presse locale, l’État doit verser 446 milliards de FCFA, soit près de 700 millions d’euros, à trois créanciers étrangers dans le cadre de contrats commerciaux. Les responsables politiques et la société civile ont exprimé leur inquiétude face à ces pertes financières importantes. Par ailleurs, le gouvernement camerounais a annoncé qu’il recherchait environ 432 millions de dollars pour racheter l’ex‑Société Générale, une opération visant à consolider le secteur bancaire national.

Culture & sport

Cette semaine, les clubs de football amateur du Cameroun ont appelé le gouvernement à lancer une enquête sur la gestion de la Fecafoot, présidée par Samuel Eto O, après un paiement lié à un match amical contre la Russie en octobre 2023. Eto O a rejeté les accusations portées contre lui. Parallèlement, le complexe d’Olembe, projet initialement prévu pour symboliser le succès du Cameroun lors de la CAN 2022, reste incomplet, engendrant des litiges entre les entreprises de construction successives et l’État. Ce chantier non achevé est désormais perçu comme un gouffre financier et un enjeu politique majeur.

Justice

Au Cameroun, la procédure judiciaire concernant l’assassinat de l’animateur radio Martinez Zogo a repris le 15 septembre devant le tribunal militaire de Yaoundé. Le lieutenant‑colonel Dieudonné Bialo, chef du service central des recherches judiciaires, a été appelé comme 35ᵉ témoin de l’accusation. L’audition a retenu l’attention du public, l’affaire étant suivie de près depuis trois ans. Parallèlement, les enquêteurs ont signalé que le téléphone contenant la vidéo présumée de tortures n’a pas été retrouvé.

Articles sources