Synthèse hebdomadaire

Cameroun : une semaine marquée par des avancées économiques et des défis sociaux

Cameroun· Semaine du 21/09/2026 au 28/09/2026

La semaine écoulée au Cameroun a été caractérisée par des développements économiques notables, notamment une hausse spectaculaire des droits et taxes sur les téléphones et terminaux numériques importés, ainsi que des défis sociaux persistants, tels que la grève des enseignants du supérieur et les tensions liées aux migrants africains. Les questions de sécurité et de justice ont également été au centre de l’actualité, avec des attaques attribuées à Boko Haram et des affaires judiciaires impliquant des personnalités politiques et des défenseurs des droits humains.

Actualité générale

Cette semaine, la Direction générale des douanes du Cameroun a annoncé qu’elle avait collecté 1,8 milliard de francs CFA (environ 2,7 millions d’euros) de droits et taxes sur les téléphones, tablettes et terminaux numériques importés entre avril et début septembre 2026, soit une hausse spectaculaire par rapport aux 100 millions de francs par mois perçus avant la réforme. Parallèlement, le programme « Diaspora‑SIC » lancé en mai 2026 a mobilisé la diaspora camerounaise, avec près de 1,5 million de Camerounais à l’étranger qui transfèrent chaque année plus de 400 billion de francs CFA vers le pays. Enfin, un projet de diplômes numériques émis par 47 universités francophones africaines a été présenté comme une voie pour faire reconnaître ces titres en Europe et en Asie, soulignant les efforts du pays pour moderniser son système éducatif et renforcer ses liens internationaux.

Économie

Cette semaine, plusieurs développements économiques se sont produits au Cameroun. Des analyses ont souligné l’essor des comptes bancaires ouverts depuis l’étranger par la diaspora camerounaise, facilitant les transferts de fonds, le soutien familial et les projets d’investissement local. Parallèlement, des comparatifs de frais et de taux de change ont mis en lumière les coûts associés aux envois d’argent vers le pays, soulignant la stabilité du franc CFA d’Afrique centrale. Le gouvernement a annoncé des avancées dans la préparation d’un accord avec le Fonds monétaire international, bien que certaines conditions restent à satisfaire. En matière d’infrastructures, le ministre des Travaux publics a évoqué les défis liés aux projets routiers, notamment les surcoûts de l’autoroute Yaoundé‑Douala et les questions d’indemnisation des entreprises. Enfin, le départ du FLNG Hilli Episeyo de Golar LNG a créé un déficit d’environ 24 000 tonnes de gaz domestique par an, affectant l’approvisionnement en GPL national.

Société

Cette semaine, les enseignants du supérieur camerounais ont maintenu leur grève, faisant fonctionner à l’arrêt onze universités d’État, alors que le syndicat réclame le versement d’une allocation spéciale de modernisation de la recherche ainsi que le règlement d’une dette académique de 10 milliards de francs CFA accumulée sur 20 ans. Le conflit persiste malgré les annonces du gouvernement, soulignant une crise plus profonde liée aux primes impayées. Par ailleurs, une fillette de 11 ans a été retrouvée décédée dans les toilettes d’une école de Douala, déclenchant une enquête et suscitant l’émoi de sa famille. Enfin, un projet d’enquête a mis en lumière la situation de migrants africains hébergés dans un centre de Yaoundé après leur expulsion par l’administration américaine, révélant un accord secret entre les deux pays. Ces événements illustrent les tensions sociales et les défis humains qui traversent le pays cette semaine.

Justice

Cette semaine, la justice camerounaise a été au centre de plusieurs affaires. Deux dossiers initiés par l’opposant Jean‑Michel Nintcheu ont été jugés : l’un, contre le président Paul Biya, est reporté au 26 novembre, tandis que l’autre, contre le secrétaire général de la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh, a vu le tribunal déclarer son incompétence. Parallèlement, l’avocate Alice Nkom, reconnue pour son engagement en faveur des droits LGBTQ+ et présidente du Réseau des défenseurs des droits humains d’Afrique centrale, a été condamnée à un an de prison avec sursis pour « bris de scellés ». Dans un autre incident, quatre journalistes ont été libérés après cinq jours de garde à vue pour une accusation de vol de lunettes d’un ministre, une affaire qui a suscité des critiques quant à la pression exercée sur la presse. Ces événements illustrent les tensions actuelles entre les acteurs politiques, les défenseurs des droits humains et les médias au Cameroun.

Sécurité

Au Cameroun, une attaque attribuée à Boko Haram a fait 15 morts dans la région de l’Extrême-Nord, provoquant un exode massif de populations vers les villes frontalières. Des milliers d’habitants ont quitté leurs villages pour se rendre à Kousseri, tandis que d’autres se sont dirigés vers la localité de Mora, située à 174 km de la frontière nigériane. Cette fuite de population a mis sous pression les infrastructures sanitaires locales, déjà fragilisées par les déplacements répétés après les attaques. Plusieurs médias rapportent que la situation pourrait entraîner une crise humanitaire si les déplacements se poursuivent.

Culture & sport

Le Cameroun a repris ses matchs de qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027 en affrontant les Comores le 24 septembre 2026 à Garoua. Les Lions indomptables ont remporté la rencontre avec un score de 3 à 1. Cette victoire a marqué le début de la campagne de qualification du pays. Les performances de l’équipe ont été saluées par plusieurs observateurs sportifs.

Articles sources