Synthèse hebdomadaire

Éthiopie : une semaine marquée par des défis politiques, environnementaux et sécuritaires

Éthiopie· Semaine du 14/09/2026 au 21/09/2026

La création d'une coalition d'opposition visant à destituer le Premier ministre Abiy Ahmed, des restrictions sur l'exploitation minière de la cryptomonnaie Bitcoin pour protéger les ressources hydriques, et des menaces de l'Armée de libération oromo contre les entreprises aurifères sont autant de défis auxquels l'Éthiopie est confrontée cette semaine. Les relations tendues avec les pays voisins, notamment l'Égypte, et les efforts de diplomatie pour consolider des partenariats avec des acteurs lointains compliquent le contexte. Les développements régionaux et internationaux mettent en évidence la fragilité de la situation éthiopienne.

Actualité générale

Cette semaine, plusieurs groupes armés hostiles au gouvernement éthiopien ont annoncé la création d’une coalition, la Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie, qui compte notamment le Front de libération du peuple du Tigré et le Mouvement national amhara des Fano, et qui vise à destituer le Premier ministre Abiy Ahmed et à instaurer un gouvernement de transition inclusif. Parallèlement, le secrétaire d’État américain aux Affaires africaines, Franck Garcia, s’est rendu sur le chantier du futur aéroport international de Bishoftu, à proximité d’Addis‑Abeba, afin de manifester l’intérêt des États‑Unis pour cette méga‑infrastructure, qui devrait devenir le plus grand aéroport d’Afrique, et de se positionner face à la concurrence chinoise. Un an après son inauguration, le Grand barrage de la Renaissance (GERD) dépasse ses objectifs, mais ses bénéfices économiques ont intensifié les tensions avec l’Égypte, qui menace de bloquer de nouveaux projets éthiopiens sur le Nil. Au même moment, des affrontements violents ont éclaté dans l’ouest du Tigré en août, rappelant le risque d’une nouvelle guerre et mettant en évidence la fragilité de l’accord de Pretoria de 2022. Enfin, les transferts d’argent de la diaspora vers l’Afrique ont atteint 124 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 86 % par rapport à il y a dix ans, les cinq pays les plus bénéficiaires étant l’Égypte, le Nigéria, le Maroc, l’Éthiopie et le Kenya, tandis que l’Afrique de l’Ouest a enregistré un boom notable.

Environnement

Le gouvernement éthiopien a annoncé des restrictions sur l'exploitation minière de la cryptomonnaie Bitcoin afin de protéger les ressources hydriques du Nil. Les installations de minage, majoritairement opérées par des entreprises chinoises, exploitent la forte capacité hydroélectrique du pays. Cependant, la sécheresse liée au phénomène El Niño a réduit la production d'électricité des barrages, aggravant la situation. En conséquence, les autorités ont décidé de limiter l’activité minière pour préserver l’approvisionnement en eau.

Diplomatie

Cette semaine, la diplomatie éthiopienne a été mise en lumière par le pari de son président Abiy Ahmed, qui cherche à consolider des partenariats avec des acteurs lointains tout en gérant des relations tendues avec ses voisins. Addis‑Abeba a tenté de séduire l’Occident, la Chine et les pays du Golfe, démontrant une flexibilité stratégique. Cependant, cette approche se heurte aux rivalités persistantes de la Corne de l’Afrique, limitant son efficacité. Les observateurs soulignent que la politique d’Abiy reste un exercice de gestion de risques élevés. Les développements de la semaine ont montré que la stratégie d’Addis‑Abeba reste fragile face aux dynamiques régionales.

Culture & sport

Le nouveau sélectionneur du Sénégal, Patrick Vieira, a annoncé la liste officielle de 29 joueurs retenus pour les premiers matchs des éliminatoires de la CAN 2027. La sélection ne comprend pas le capitaine Sadio Mané. Les Lions de la Téranga débuteront la campagne contre le Mozambique, puis l’Éthiopie, dans les deux premières journées de compétition. Plusieurs médias rapportent que cette composition marque un nouveau départ pour l’équipe nationale.

Sécurité

Cette semaine, l’Armée de libération oromo (OLA) a exprimé son mécontentement envers les entreprises opérant dans le secteur aurifère de la région de l’Oromia, en menacant des représailles contre celles qui ne respecteraient pas ses exigences. Le groupe réclame une participation accrue des populations locales dans l’exploitation de l’or afin qu’elles puissent bénéficier directement des revenus générés. Ces revendications surviennent alors que la production aurifère de la région constitue une source importante de devises pour le pays. Plusieurs acteurs du secteur, tant locaux qu’étrangers, surveillent de près les développements pour évaluer l’impact potentiel sur leurs opérations.