Synthèse hebdomadaire

Éthiopie : tensions accrues et conflits dans le nord

Éthiopie· Semaine du 21/09/2026 au 28/09/2026

La situation en Éthiopie se dégrade avec la reprise des combats dans le nord, la formation d'une coalition de groupes armés pour renverser le gouvernement et des tensions diplomatiques avec l'Égypte. Les autorités éthiopiennes ont suspendu la chaîne publique Tigrai TV et interdit sa diffusion. L'Union africaine et l'Union européenne ont appelé à une désescalade immédiate.

Actualité générale

Cette semaine, les autorités éthiopiennes ont suspendu la chaîne publique Tigrai TV et interdit la diffusion de ses informations, alors que Washington a levé l’état d’urgence nationale sur le nord du pays. Au même moment, des milliers de chrétiens orthodoxes ont célébré le festival du Meskel à Addis‑Abeba, même si les combats dans le nord se poursuivent. Le projet d’oléoduc de 120 km reliant Djibouti à l’Éthiopie, financé par le groupe Dangote, a été annoncé comme une mesure visant à réduire les coûts d’approvisionnement en carburant. Par ailleurs, les forces tigréennes ont pris le contrôle de plusieurs aéroports, alimentant les inquiétudes d’une escalade régionale. Enfin, sept groupes armés issus de différentes régions ont formé une coalition pour renverser le gouvernement d’Abiy Ahmed, soulignant la fragilité de la situation sécuritaire.

Sécurité

Le conflit dans le nord de l’Éthiopie s’est relancé après un cessez‑le‑feu de quatre ans, l’armée fédérale menant une contre‑offensive sur plusieurs fronts. Dans la région du Tigré, un drone a frappé la télévision publique de Mekelle le 27 septembre, tandis que les rebelles ont pris le contrôle de l’aéroport de la ville et tentent d’entrer à Abala, dans l’Afar, où les forces fédérales ont réussi à les repousser. L’armée rapporte que 272 rebelles ont été tués et 260 blessés dans le nord, et que les services Internet sont perturbés dans la région en raison des combats. Les autorités rebelles du Tigré ont déclaré une « guerre totale » contre le gouvernement et ont formé une coalition avec six autres groupes armés pour renverser le Premier ministre. L’Union africaine et l’Union européenne ont appelé à une désescalade immédiate et à la reprise du dialogue entre les parties.

Diplomatie

Cette semaine, l’Égypte a réaffirmé que la préservation de son accès aux eaux du Nil est une priorité absolue, avertissant l’Éthiopie de ne pas accepter de compromis, alors que les États-Unis soutiennent la position égyptienne. Au même moment, le conflit éthiopien s’est étendu dans plusieurs zones du nord, notamment autour du fleuve Tezeke au Tigré occidental, où de nouveaux fronts militaires se sont ouverts. Le Haut-Commissaire de l’ONU a appelé à désamorcer d’urgence les tensions, tandis que les combats ont repris peu après la signature de l’accord de paix de Pretoria, qui semble désormais en échec. Le président éthiopien, Taye Atske Selassie, a dénoncé l’ingérence d’acteurs extérieurs imprudents et récidivistes lors de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Articles sources