Synthèse hebdomadaire

Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri nommée première ministre, tensions diplomatiques et sociales

Maroc· Semaine du 28/09/2026 au 05/10/2026

Le Maroc a connu une semaine marquée par des événements politiques, sociaux et diplomatiques importants, notamment la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri comme première ministre, faisant d'elle la première femme à occuper ce poste. Le pays est également aux prises avec des tensions diplomatiques liées à son rapprochement avec Israël et des défis sociaux tels que la crise migratoire. Les élections législatives ont confirmé la victoire du PAM, mais des irrégularités électorales ont suscité des polémiques.

Élections

Cette semaine, les élections ont marqué deux pays africains. En Guinée‑Bissau, les militaires en place ont empêché le retour de l’ancien président Umaro Sissoco Embalo, qui se trouvait en exil au Maroc, en invoquant des questions de sécurité, malgré son annonce de retour et de candidature à la présidentielle du 6 décembre. Au Maroc, les résultats définitifs des législatives du 23 septembre ont confirmé la victoire du PAM avec 97 sièges, et le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri première ministre, faisant de la marocaine la première femme à occuper ce poste. Elle a immédiatement entamé des discussions pour former un gouvernement, en essayant d’inclure les principaux partis, y compris le PJD. Parallèlement, le maire de Tanger, Mounir Laymouri, membre du PAM, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur des irrégularités électorales, ce qui a suscité une polémique autour du parti victorieux. Enfin, le délai inhabituel de la nomination de la nouvelle cheffe du gouvernement a relancé les interrogations sur la santé du monarque.

Actualité générale

Cette semaine, le Maroc a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri, ancienne maire de Marrakech et coordinatrice du PAM, comme première femme cheffe du gouvernement, avec un programme social ambitieux incluant un million d’emplois et des retraites minimales de 3 000 dirhams. Le même jour, Amnesty International a publié un rapport dénonçant l’utilisation par les autorités marocaines de logiciels espions, d’interceptions téléphoniques et de géolocalisation pour surveiller journalistes et militants. Sur le plan culturel, l’artiste casablancaise Amina Agueznay, lauréate du Norval Prize, a représenté le Maroc dans le premier pavillon du pays à la Biennale de Venise, poursuivant son exploration de la mémoire des gestes ancestraux. Enfin, le groupe Crédit Agricole du Maroc a enregistré une baisse de 24,41 % de son produit net bancaire consolidé au premier semestre 2026, tandis que T2S Group et Akdital annoncent d’accélérer le déploiement de la chirurgie robot‑assistée dans le pays, et plusieurs pays africains, dont le Maroc, envisagent de participer à la Force internationale de stabilisation de Gaza.

Culture & sport

Cette semaine, l’équipe nationale argentine a remporté un match 7-0 contre le Burkina Faso, un résultat qui a suivi des problèmes logistiques pour les Burkinabè, dont un vol retardé depuis le Maroc. Parallèlement, la Fédération sénégalaise de football a déposé un recours devant le Tribunal arbitral du sport, qui sera examiné le 8 octobre à Lausanne concernant la finale de la CAN 2025. En même temps, la CAF a commencé à sonder des pays comme le Maroc, l’Algérie et l’Afrique du Sud comme éventuels hôtes de secours pour la CAN 2027, compte tenu des retards accumulés. Dans les éliminatoires de la CAN 2027, le Sénégal et l’Égypte se sont redressés après des débuts difficiles, remportant respectivement 1-0 contre l’Éthiopie et 5-0 contre le Soudan du Sud, tandis que le Maroc a gagné sans difficulté face au Lesotho et l’Algérie a évité une défaite contre le Burundi.

Société

Plusieurs médias rapportent que la société AFRIQUIA GAZ a enregistré un léger repli de son chiffre d’affaires consolidé au premier semestre 2026, tandis que Holcim Maroc a vu son bénéfice net consolidé diminuer de 8,1 %. En Espagne, deux mois après l’afflux massif de migrants à Ceuta, la crise migratoire continue de peser sur le gouvernement. La répartition des mineurs non accompagnés dans les régions est devenue un point de friction entre le Premier ministre Pedro Sánchez et les partis d’extrême droite, qui exigent le retour de ces migrants vers le Maroc.

Diplomatie

Cette semaine, le Maroc a nommé Fatima‑Ezzahra El Mansouri comme première femme à la tête du gouvernement, marquant une avancée notable dans la politique marocaine. Parallèlement, le Front marocain de soutien à la Palestine a organisé, du 25 au 27 septembre, des manifestations dans une quarantaine de villes pour protester contre le rapprochement diplomatique avec Israël, que les autorités ont confirmé en annonçant l’ouverture prochaine d’ambassades. Les militants ont appelé le pays à inverser cette démarche. Au niveau régional, plusieurs analyses ont examiné la stratégie diplomatique conjointe des juntes sahéliennes, tandis qu’une autre a étudié la relance de l’uranium au Niger et les projets solaires visant à électrifier les zones rurales africaines.

Sécurité

Deux mois après la vague migratoire de plus de 70 000 personnes du Maroc vers l’enclave espagnole de Ceuta, la situation humanitaire y demeure critique : plusieurs milliers de migrants restent sans hébergement, errant dans les rues et exposés à la violence policière. Parallèlement, un projet de paix théorique proposé par l’administration américaine envisage le déploiement de troupes étrangères dans la bande de Gaza, avec la possibilité que des armées africaines, notamment celles du Maroc, de l’Ouganda et du Somaliland, participent à une force internationale destinée à stabiliser la zone. Ce plan prévoit une extension progressive du périmètre d’action de ces forces à mesure que les groupes islamistes se désarment et que l’armée israélienne se retire. Les deux développements illustrent les tensions persistantes et les tentatives de sécurisation dans des contextes très différents.

Économie

Cette semaine, Abidjan a sollicité Murphy Oil pour intensifier ses opérations de forage offshore. La société américaine a choisi le secteur ivoirien comme porte d’entrée sur le continent africain, tout en prévoyant d’étendre ses activités au Maroc et au Cameroun grâce à de nouveaux permis. Le gouvernement ivoirien propose désormais à Murphy Oil un premier test décisif afin d’évaluer la viabilité et la rentabilité de ses projets de forage. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie d’Abidjan de dynamiser le secteur pétrolier local tout en attirant des investisseurs étrangers.

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