Synthèse hebdomadaire

Soudan du Sud : tensions politiques et humanitaires

Soudan du Sud· Semaine du 07/09/2026 au 14/09/2026

La situation au Soudan du Sud reste tendue, avec des négociations de paix retardées et des violences qui font rage depuis dix jours. Le pays est également confronté à des défis humanitaires, notamment la famine et l'insécurité alimentaire, qui touchent des milliers de personnes. Les pays voisins, tels que le Kenya et l'Ouganda, sont impliqués dans les efforts de médiation et d'accueil des réfugiés.

Actualité générale

Cette semaine, le Kenya a officiellement lancé les travaux d’extension et de modernisation de la ligne ferroviaire Mombasa‑Nairobi, qui reliera d’abord Naïvasha avant de s’étendre vers l’Ouganda et le Soudan du Sud. Au même moment, les négociations de paix entre Salva Kiir et Riek Machar à Addis‑Abeba ont été retardées, les deux délégations peinant à trouver un terrain d’entente. Dans la région frontalière de Gambella, l’UNICEF a annoncé le retour à leurs familles de 88 enfants enlevés le 15 avril par des hommes armés provenant du Soudan du Sud. Par ailleurs, François Bozizé, l’ancien président centrafricain renversé, serait actuellement à Djouba, au Soudan du Sud, tandis que Riek Machar exprime son inquiétude quant à la situation de son représentant expulsé du Kenya vers la même ville.

Diplomatie

Cette semaine, le Kenya a dénoncé la destitution de son général chargé de la mission onusienne au Soudan du Sud, affirmant que l’ONU aurait cédé aux pressions de certains pays. Parallèlement, le président kényan Uhuru Kenyatta et le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn se sont rendus au Soudan du Sud pour rencontrer le président Salva Kiir et tenter de mettre fin aux hostilités qui font rage depuis dix jours. Dans le même temps, le gouvernement éthiopien a annoncé la libération de dix-neuf enfants kidnappés en Éthiopie par des groupes armés venus du Soudan du Sud, grâce à une médiation sud-soudanaise, et des négociations sont en cours pour récupérer les autres enfants captifs.

Sécurité

Cette semaine, le Kenya a annoncé le retrait de ses troupes de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) après le limogeage de son commandant kényan, les forces ayant été critiquées par un rapport de l’ONU pour leur réaction jugée « chaotique et inefficace » aux violences de juillet à Djouba. Parallèlement, Riek Machar, ancien vice‑président et chef de l’élément rebelle SPLM‑IO, a quitté le Soudan du Sud et se trouve actuellement en République démocratique du Congo, avant de se rendre en Éthiopie « au plus vite », selon un responsable du parti. Enfin, un rapport souligne que la famine touche au moins 100 000 personnes dans le pays, tandis que la guerre civile depuis 2013 a forcé des millions de Soudanais du Sud à fuir, les laissant dans une situation d’insécurité alimentaire.

Économie

Cette semaine, Nestlé a élargi sa présence africaine en lançant une nouvelle gamme de capsules Nespresso, fabriquées dans son usine du Soudan du Sud, qui constitue la troisième installation de production de l’entreprise sur le continent. Parallèlement, la marque a inauguré ses premières boutiques dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest et centrale : le Sénégal, le Gabon, la Côte d’Ivoire et le Ghana. Ces actions illustrent la stratégie de Nestlé visant à renforcer sa distribution et sa production locale en Afrique.

Société

Cette semaine, l’Ouganda a poursuivi son rôle d’accueil pour les réfugiés du Soudan du Sud. Depuis le 15 décembre, le pays a enregistré plus de 67 000 personnes ayant fui la guerre civile dans le pays voisin. Les autorités ont maintenu leurs efforts pour fournir un abri, des soins de base et un soutien aux nouveaux arrivants. Cette action s’inscrit dans la politique de l’Ouganda visant à soutenir les populations déplacées.

Élections

À quelques mois de la tenue des premières élections nationales prévues en décembre, une commission de l’ONU a signalé que le pays n’a pas réalisé de progrès significatifs. Elle a mis en évidence la persistance de la corruption, des violences et des violations des droits humains. Ces obstacles pourraient compromettre la tenue d’élections libres et équitables. Le gouvernement sud-soudanais a toutefois réaffirmé son intention d’organiser ces scrutins.